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À l’aide, je suis alcoolique, toxicomane ou suicidaire!

Comprendre pour mieux triompher des addictions et des pensées suicidaires.

Je ne sais pas si tu es comme moi, mais lorsque j’entends un enfant pleurer, ces petits cris stridents et ces soupirs de tristesse me brisent le cœur. Étant donné que la plupart du temps je ne sais pas trop quoi faire pour le consoler, je préfère m’éloigner en laissant le soin aux autres de comprendre ce qui le rend dans cet état.

Je sais que le fait de changer de pièce ou de faire comme si de rien n’était n’est pas la meilleure stratégie à adopter pour arrêter ces larmes, mais au moins elle calme mon impuissance. C’est pour cela que je sais qu’un parent qui démontre de l’indifférence envers son enfant est souvent aux prises avec une terrible impuissance.

C’est ce qui m’a donné l’idée d’écrire un article sur les problèmes d’alcool, de drogues et de suicide. Car si je vis autant d’impuissance juste en entendant un enfant pleurer, qu’est-ce que peut bien ressentir un parent qui voit son enfant s’enfoncer dans la spirale infernale de l’alcoolisme, de la toxicomanie ou du suicide, tout en étant paralysé par son impuissance qui le pousse à s’éloigner? J’ose à peine l’imaginer…

J’avais donc toutes les raisons d’écrire un texte sur les causes réelles de ces dépendances. Mais d’un autre côté, il y a tellement de préjugés et d’incompréhension au sujet de l’alcoolisme, de la toxicomanie et du suicide que je ne n’avais aucune idée de l’ampleur des réactions que mon texte allait susciter. Mais étant donné que je ne pouvais pas le savoir avant de l’avoir écrit, je me suis lancé et que le meilleur arrive!

Je crois que la plus grande problématique qui existe lorsque nous parlons des abus de consommation d’alcool et de drogue ou des pensées suicidaires est de savoir qui en a réellement la responsabilité. Qui en a la responsabilité... Qu’est-ce que tu veux dire par là, Faustin?

Évidemment, je suis conscient que c’est la main de l’alcoolique qui prend les verres et qui les portent à ses lèvres. C’est aussi la main du toxicomane qui prend la seringue, la remplit et la plante dans son bras et c’est la main du suicidaire qui prend le couteau et qui s’entaille les veines, mais est-ce que la responsabilité de ces gestes s’arrête là?

Pour le savoir, aussi surprenant que cela paraitre, je dois commencer par expliquer pourquoi il faut un homme et une femme pour faire un enfant…

Je ne sais pas si tu as suffisamment observé les comportements humains pour t’apercevoir que les femmes, de base, sont des personnes qui pensent plus aux autres qu’à elles-mêmes tandis que les hommes, de base, pensent plus à eux-mêmes qu’aux autres, mais c’est un fait.

Ce sont les femmes qui portent les enfants et qui deviennent responsables de prendre soin de leur bien-être et de leur survie, en plus d’être traditionnellement celles qui s’occupaient en priorité de la famille. Elles sont donc physiologiquement plus enclines à être altruiste, ce qui contre balance la tendance des hommes à être égoïste.

Évidemment, ces caractéristiques peuvent rapidement devenir des stéréotypes lorsque certains hommes pensent trop à eux et que certaines femmes pensent trop aux autres, mais en général, cette différenciation existe principalement pour nous assurer que chacun des sexes peut apprendre quelque chose à l’autre.

Donc dans un monde idéal, les femmes apprennent aux hommes à penser aux autres tandis que les hommes apprennent aux femmes à penser à elle, et c’est pour cela qu’il faut les deux sexes pour faire des enfants!

Ceci étant dit, je ne sais pas si tu as déjà lu d’autres articles dans ce blogue, mais j’ai l’habitude de définir une personne par la manière dont elle utilise ses deux organes principaux, soit son cœur et son cerveau.

Notre cœur, qui est bien caché à l’intérieur de notre poitrine et qui contient tous nos désirs, nos besoins et nos aspirations, n’est jamais en contact avec l’extérieur. Il est donc conçu pour nous permettre de penser à nous, ce qui se trouve être la spécialité des hommes.

Pour ce qui est de notre cerveau, c’est le contraire. C’est lui qui est responsable de communiquer et d’interagir avec l’extérieur par l’intermédiaire de nos 5 sens. C’est par nos gestes, nos paroles et notre écoute que nous nous assurons de bien nous entendre avec les autres, ce qui se trouve être la spécialité des femmes.

Il s’ensuit que lorsqu’un enfant vient au monde, son père est responsable de lui apprendre à tenir compte de ce qu’il a dans son cœur pour bien penser à lui et se passer en premier, tandis que sa mère est responsable de lui apprendre à tenir compte de ce qu’il a dans son cerveau pour bien traiter les autres, même s’il doit se passer en premier en priorité.

C’est exactement pour cela que je n’ai jamais voulu d’enfants: parce que je n’aurais pas su quoi faire pour les aider à tenir compte de ce qu’ils avaient dans leur cœur, étant déjà trop occupé à penser à moi à temps plein et en refusant catégoriquement de me ramasser avec les conséquences que mon manque de connaissances, de temps et de patience auraient eu sur leur développement.

Alors pour moi, être parent est de loin le plus complexe de tous nos rôles.

Parce qu’être parent, c’est un bien beau titre qui nous donne du pouvoir, mais c’est aussi un titre qui nous pousse parfois à oublier que c’est uniquement notre enfant qui peut nous apprendre comment faire pour être parent et ça, personne ne nous en prévient d’avance.

C’est pour cela que pour la plupart des parents, ils doivent déjà tout savoir sur leur enfant au moment de l’accouchement et ils doivent le comprendre en claquant des doigts malgré la complexité des situations qu’ils vivent et qui créent leur impuissance.

Mais ça ne reflète pas la réalité. C’est notre enfant qui connait l’heure où il a besoin d’aller se coucher et qui nous le démontre lorsqu’il devient soudainement plus agité à 18h30. C’est notre enfant qui nous indique qu’il a besoin d’une restriction lorsqu’il frappe son frère ou qu’il coure partout dans la maison. Et c’est aussi notre enfant qui nous démontre qu’il a faim ou qu’il a froid aux pieds lorsqu’il pleure dans son berceau.

C’est uniquement en écoutant notre enfant que nous apprenons à être son parent, sauf que quand on saute cette étape-là, on risque d’en subir les conséquences bien des années après lorsque nous serons testés par ses comportements désagréables qui nous dévoileront bien malgré nous les lacunes de l’éducation que nous avons choisi de lui donner.

Parce que si les enfants étaient parfaits, ils n’auraient pas besoin de parent pour les éduquer…

C’est pour cela qu’un enfant qui développe un besoin incontrôlable de prendre de l’alcool, de s’injecter de la drogue ou de se suicider lance tout simplement un cri d’alarme à ses parents concernant la manière dont il a été élevé. Mais quel cri va à qui?

Étant donné que l’effet recherché lorsque nous prenons de l’alcool ou de la drogue est d’engourdir notre cerveau, l’alcoolisme et la toxicomanie sont des cris d’alarme dirigés vers la mère qui est responsable d’apprendre à son enfant à tenir compte de ce qu’il a dans son cerveau.

Pour ce qui est du suicide et des fugues, l’effet recherché par l’enfant est d’abandonner ce qui lui tient à cœur en pensant qu’il en souffrira moins s’il s’en éloigne ou disparait, ce qui en fait des cris d’alarme dirigés vers le père qui est responsable de lui apprendre à tenir compte de ce qu’il a dans son cœur.

Même si tous les parents aiment avoir une part de responsabilité dans le succès de leurs enfants, ce qui est tout à fait naturel, aucun parent n’aime avoir une part de responsabilité dans leurs difficultés et ça aussi, c’est tout à fait naturel.

Aucun parent ne se lève le matin en se disant «Aujourd’hui, je vais tout faire pour rendre mon enfant malheureux». Ils agissent au meilleur de leurs connaissances en étant assuré que tout ce qu’ils font est pour le bonheur de leur enfant, d’après ce qu’eux-mêmes ont vécu dans leur propre enfance. Alors lorsque les résultats de leurs efforts les amènent à réaliser que leur enfant est malheureux, ils en sont complètement déconcertés, croyez-moi.

Allons-y donc avec un exemple.

Réal, qui a 8 ans, adore les petites voitures. Il possède une belle collection qu’il a achetée avec son argent de poche et qu’il garde dans une valise rouge qui fait toute sa fierté. À chaque fois qu’il l’ouvre pour jouer avec les petites voitures, c’est un peu comme s’il ouvrait un coffre aux trésors.

Un jour, la sœur de son père et son fils, qui a à peu près le même âge que Réal, viennent leur rendre visite. Au cours de la conversation, elle se plaint de ne pas avoir d’argent pour acheter des petites voitures à son fils. Son père, pour se montrer charitable, décide qu’il lui donne la collection de petites voitures de son fils.

Réal est évidemment dans tous ses états et se retourne immédiatement vers sa mère, car il ne sait pas comment se défendre. Sa mère va dans le sens de son père et lui dit que c’est correct de donner ses petites voitures, ce qu’il est obligé de faire.

Dans cette situation, est-ce que tu penses que Réal, plus tard, risquera d’avoir des tendances suicidaires ou qu’il risquera plutôt d’avoir des problèmes de consommation d’alcool et de drogues?

Lorsqu’on se met dans la peau de Réal, on sent que son cœur est complètement dévasté à l’idée de donner ses petites voitures, ce qui pourrait nous faire croire qu’il risquera de développer des tendances suicidaires pour diminuer la souffrance de son cœur, mais ce n’est pas le cas, parce que la situation ne se passe pas avec lui mais avec les autres.

Si Réal voulait s’acheter des petites voitures avec son argent de poche et que son père lui interdisait, à ce moment-là il pourrait développer des tendances suicidaires parce que son père ne l’aide pas du tout à tenir compte de ce qu’il a dans son cœur. Mais étant donné qu’ils possèdent déjà beaucoup de petites voitures, les désirs de son cœur sont comblés.

Maintenant, lorsque le père de Réal donne ses petites voitures au fils de sa sœur, la situation ne concerne plus les petites voitures, elle concerne sa relation avec les autres.

Est-ce que c’est correct de donner quelque chose que l’on aime juste parce que quelqu’un d’autre le veut? Est-ce que j’ai le droit de dire non et d’aller cacher mes voitures dans ma chambre? Est-ce que mon père va être triste si je ne fais pas ce qu’il veut? Toutes ces questions que le cerveau de Réal n’arrive pas à résoudre lui cause une souffrance qu’il ne sait pas comment atténuer.

C’est pour cela qu’il s’était retourné vers sa mère pour qu’elle lui apprenne ce qu’il était correct de faire dans une telle situation désagréable. Si elle avait dit quelque chose du genre «Voyons Louis, tu ne peux pas donner les voitures de Réal, c’est lui qui les a acheté avec son argent de poche…», tout aurait été pour le mieux et le cerveau de Réal aurait appris convenablement comment se défendre.

Mais étant donné que ce n’est pas ce que sa mère a fait, le cerveau de Réal a subi une intolérable souffrance suite à l’abandon de ces petites voitures. Par la suite, à chaque fois qu’il vivra une situation qui lui rappellera la perte de ses petites voitures, son cerveau ne saura toujours pas comment se défendre face à l’extérieur, ce qui le poussera à engourdir cette souffrance en respirant des émanations de colle, en prenant de l’alcool ou de la drogue.

Si je donne cet exemple, c’est qu’il s’agit d’un cas vécu. Réal était venu nous consulter pour des problèmes de consommation de cocaïne et de boisson. En nous confiant cette situation d’enfance, il a pu se libérer de cette souffrance qu’il avait engourdie durant tant d’années.

Suite à cette découverte, il ne ressentait plus le besoin de consommer de la cocaïne, mais lorsque l’envie lui reprenait, il appelait pour qu’on puisse l’aider à faire le lien avec une situation qu’il venait de vivre et qui ressemblait à l’abandon de ces petites voitures. Aussitôt que c’était fait, son envie de se droguer s’estompait complètement parce que son cerveau n’avait plus le besoin d’engourdir cette souffrance gênante de son passé.

Réal était même capable de prendre un ou deux verres de boisson et de s’arrêter par lui-même tellement son cerveau était revenu à un état normal. Alors même si nous aimerions nous faire croire que ce qui nous conduit à devenir alcoolique ou toxicomane est grave, ce n’est pas le cas et dépend directement du taux de responsabilité que nous avons dans cette surconsommation.

Si un enfant commence à «sniffer» de la colle pour engourdir les souffrances de son cerveau à 10 ou 12 ans, sa mère en est évidemment responsable à 100%. Mais lorsque cet enfant atteint la vingtaine et qu’il continue à se saouler et à se droguer volontairement, le pourcentage de responsabilité de sa mère descend à 40%.

Parce que même si l’éducation que sa mère lui a donné est à l’origine de ses addictions, en vieillissant, l’enfant a eu accès à d’autres manières de faire face à ses souffrances, en ayant vécu ses propres expériences et en comprenant que sa mère a agi au meilleur de ces connaissances. En continuant de consommer abusivement, il prouve qu’il la juge, ce qui le conduit à faire pire qu’elle.

Maintenant, si une personne commence à consommer de l’alcool ou de la drogue excessivement dans la vingtaine, soit pour faire plaisir à des soi-disant amis ou pour fuir ses problèmes, sa mère n’a aucune responsabilité dans ces addictions.

Même chose pour le suicide et les fugues. Si un enfant commence à faire des fugues ou à faire des tentatives de suicide en bas âge, son père en est évidemment responsable à 100%. Mais lorsque cet enfant atteint la vingtaine et qu’il continue, le pourcentage de responsabilité de son père descend à 40%.

Si par contre, une personne commence à faire des tentatives de suicide dans la vingtaine, soit pour attirer l’attention ou pour fuir ses problèmes, son père n’a aucune responsabilité dans ces tentatives destructrices.

Parce que c’est le père qui donne la vie. C’est sa semence qui permet à l’embryon de naitre. Alors n’importe quand, il peut reprendre cette vie par les gestes qu’il pose envers son enfant, mais surtout par les paroles qu’il utilise.

L’exemple le plus frappant que j’ai vu et qui illustre à merveille ce pouvoir de vie que le père détient sur son enfant vient du film «Monster Ball». À 1:30 du clip qui est en lien ici, le personnage de Heath Ledger demande à son père s’il le hait. Lorsque le personnage de Billy Bob Thornton lui répond par l’affirmative, Heath lui dit qu’il l’a toujours aimé et il se suicide devant ses yeux.


Pour revenir à Réal, ce qui est cocasse et que vous ne croirez peut-être pas, est qu’il travaillait comme gérant dans une concession de voitures quand il est venu nous rencontrer! Quelques années plus tard, il est retourné aux études pour apprendre un métier totalement différent, sûrement parce qu’il avait fini par transcender son blocage. Alors même l’endroit où nous travaillons peut nous donner des indices sur les blocages de notre enfance…

Alors voilà, j’espère avoir réussi à expliquer avec empathie ce qui cause nos dépendances à l’alcool et à la drogue ainsi que nos pensées suicidaires. Notre capacité à nous observer et à déceler les situations qui nous ont causé les souffrances que nous voulons engourdir ou faire disparaitre est notre unique porte de sortie.

Et si jamais tu veux en apprendre beaucoup plus sur les comportements humains, tu peux acheter notre livre Je suis personne mais je veux être quelqu'un qui est autant inspirant qu'éducatif!



Notre mission est d’amener la compréhension au plus grand nombre de personnes possibles pour leur permettre de construire leur vie rêvée en toute tranquillité d’esprit, par la compréhension de leurs comportements et la découverte de leur véritable manière de penser.

Alors si jamais tu désires nous encourager et participer à communiquer ce que tu viens d’apprendre, tu peux le partager sur les réseaux sociaux. Il va sans dire que nous apprécions énormément ton support.

À bientôt pour prendre l’habitude de te comprendre davantage!

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