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À l’aide, je suis déprimé!

Mis à jour : 14 oct. 2020

Pour comprendre ce qui te rend dépressif et écourter le temps que ça dure.

J’haïs être déprimé! Je me déteste quand j’ai juste le goût de m’évacher tout seul dans un coin du salon, ma télévision et mon ordinateur fermés, pour me laisser amplement le temps de broyer des idées noires qui ne me mènent à rien, juste parce que je n’ai pas assez de trippes pour me reprendre en main et passer à autre chose.

J’imagine que si tu lis cet article, c’est peut-être parce que c’est un état dans lequel tu t’es déjà retrouvé et qui t’écœures autant que moi. C’est pour cela que pendant l’écriture de mon dernier livre, je me suis penché sur les raisons pourquoi nous devenons dépressifs, mais plus important encore, combien de temps est-ce que nous laissons durer cet état.

Parce que je n’avais pas juste ça à faire d’être déprimé! Les livres et les blogues, ça ne s’écrit pas tout seul et le souper, faut au moins que je le mette deux minutes au four micro-ondes avant de le manger, ce qui implique que je dois au moins me lever de mon divan avant que mon corps y laisse une trace permanente, comme avec les oreillers en mousse mémoire…

Mais avant d’arriver à expliquer clairement ce qui nous rend réellement dépressif, voyons ensemble le point de départ de nos moments de dépression.

Il y a eu des moments dans ma vie où j’aurais bien aimé avoir une boule de cristal qui m’aurait dévoilé ce que j’allais vivre dans le futur. «Est-ce que mes difficultés s’estomperont bientôt?» «Est-ce que j’aurai la nouvelle voiture qui me plaît tant?» «Est-ce que je vais gagner à la loterie si j’achète ce billet?» Ce serait vraiment pratique!

Mais j’ai réalisé qu’il existe déjà un temps où tout est décidé d’avance et où nous ne pouvons rien changer : il s’agit de notre passé. Je ne sais pas si tu réalises à quel point nous sommes amers et aigris lorsque nous vivons dans notre passé, mais je peux t’assurer qu’un futur qui n’est pas décidé d’avance est finalement une véritable bénédiction!

Avoir des possibilités est ce qui rend notre vie stimulante.

L’autre jour, je jouais avec mes petits-enfants à un jeu où il fallait avancer des pions le long d’un parcours. Pour y arriver, nous lancions un dé qui nous permettait soit d’avancer, soit d’enlever le pion d’un adversaire. Imaginons un instant que ce dé ne comporte qu’un seul chiffre… Est-ce que nous aurions beaucoup de plaisir à jouer? Pas vraiment. Ce qui fait qu’une partie est excitante, c’est justement qu’il existe plusieurs possibilités.

Chaque fois que je lançais le dé, six possibilités s’offraient à moi. Parfois, il me fallait un six pour avancer le plus rapidement possible; d’autres fois, il me fallait un trois pour enlever le pion d’un de mes petits-enfants à grands éclats de rire. Mon cerveau, pour bien analyser, ne devait pas se limiter à savoir ce qu’il ferait s’il obtenait un six ou un trois, qui étaient les meilleures possibilités; il devait aussi savoir ce qu’il ferait s’il obtenait un des quatre autres chiffres.


Il est plus important de savoir ce qu’il faut faire lorsque les évènements ne sont pas en notre faveur que lorsqu’ils le sont.

Lorsque j’étais jeune, mon père avait pris une assurance pendant dix ans pour le pare-brise de sa voiture et celui-ci ne s’était jamais brisé. La onzième année, il s’était dit qu’il était à l’évidence totalement inutile de payer pour cette assurance et il l’avait résiliée. Quelques mois plus tard, un caillou avait heurté son pare-brise et l’avait brisé.

Évidemment, mon père était déprimé, car en plus d’avoir payé une assurance pendant dix ans, assurance dont il ne s’était jamais servi, il devait maintenant payer pour un pare-brise neuf. Il n’avait pas imaginé que son pare-brise se briserait quelques mois après avoir résilié son contrat d’assurance, contrairement aux dix années précédentes où il avait imaginé que son pare-brise pourrait se briser n’importe quand…

Alors une des tâches mentales que nous devons prendre l’habitude de faire si nous voulons réussir ce que nous entreprenons est d’analyser quel est le pire qu’il peut nous arriver dans une situation donnée, non pas pour nous déprimer ou nous faire abandonner, mais tout simplement pour nous y préparer.

Nous préparer pour le pire ne veut pas dire que nous voulons le pire. C’est le contraire. Être conscients que le pire peut arriver nous permet d’élaborer un plan pour le contrecarrer et l’éloigner. Dans le cas de mon père, savoir que son assurance remplacerait son pare-brise sans frais s’il se brisait lui donnait la tranquillité d’esprit qui lui évitait d’une certaine manière que son pare-brise se brise!

Accepter que le pire puisse nous arriver nous permet de nous y préparer en ayant la tête froide, au lieu de nous faire croire qu’il n’arrivera jamais et de laisser libre cours à nos peurs lorsqu’il se présentera de manière inattendue.

Lorsque j’ai écrit la première ébauche de mon dernier livre, j’en avais quasiment écrit le quart quand j’ai décidé de le faire lire à mes proches. À ma grande surprise, personne ne l’a aimé, car je l’avais à peu près écrit de la même manière que mes cinq livres précédents qui ne s’étaient jamais vendus, et ce, même si j’étais certain d’avoir réussi à l’écrire différemment.

Malgré tous mes efforts, j’ai dû en venir à la conclusion que j’avais mal analysé ma manière d’écrire. La preuve est que je me suis instantanément découragé et qu’il m’a fallu quatre ou cinq jours avant que je reprenne l’écriture tellement mon cerveau avait envie de me punir et de tout abandonner, car c’était du connu de me faire dire que ce que j’écrivais était mauvais.

Mais que n’avais-je pas bien analysé au juste? Je n’avais pas tenu compte de la possibilité que ma première ébauche puisse déplaire. Est-ce que vous pensez que je l’aurais écrit de la même manière si j’avais admis, même l’espace d’une toute petite seconde, la possibilité qu’il puisse déplaire? Sûrement pas. Et si je l’avais quand même fait, par entêtement ou par négligence, je l’aurais au moins fait lire après une dizaine de pages…

Heureusement, dans toutes les pages que j’avais écrites, il y avait quelques paragraphes qui étaient vraiment intéressants et qui étaient différents du reste. Alors même si j’ai dû tout recommencer, ces quelques paragraphes étaient tout ce dont j’avais besoin pour mieux orienter ma seconde ébauche.

Maintenant qu’il est clair qu’il est important de tenir compte du fait que le pire puisse nous arriver, il est également important de le mettre en perspective avec le meilleur qui puisse nous arriver, car il fait lui aussi partie de la balance. Pourquoi vivrions-nous uniquement le pire lorsque le meilleur peut également nous arriver?

Par exemple, pour mes chansons, le pire qu’il peut m’arriver est qu’un chanteur les refuse et les trouve tellement mauvaises qu’il ne veuille plus jamais en recevoir de ma part. Le meilleur qu’il peut m’arriver est qu’un chanteur les enregistre sur son album et que je gagne des millions. En règle générale, le meilleur qu’il peut nous arriver est pas mal meilleur que le pire qu’il peut nous arriver est pire!


Il est préférable de miser sur le meilleur que de craindre le pire.

Malgré cela, je n’ai jamais été un grand partisan du fait de tenir compte de toutes les possibilités. J’ai toujours trouvé que c’était une véritable perte de temps de m’arrêter sur chaque facette de ma vie pour déterminer ce qu’il pourrait arriver de pire sans avoir aucune preuve à l’appui. Puis, un soir, en regardant la télévision, j’ai écouté un film racontant l’histoire d’un père dont la petite fille s’est fait enlever et tuer alors qu’il allait secourir une personne qui était en train de se noyer.

Dans un cas comme celui-là, je concevais qu’il aurait été préférable pour le père de tenir compte de toutes les possibilités, ce qui l’aurait sûrement poussé à demander à quelqu’un de surveiller sa petite fille pendant qu’il sautait à l’eau pour venir secourir la personne en détresse. D’un autre côté, il y a tellement de parents qui laissent leurs enfants sans surveillance sans que jamais rien ne leur arrive qu’il me semblait inutile de faire une règle générale pour ce cas particulier.

Puis j’ai réfléchi…

Tenir compte du fait que le pire puisse nous arriver est notre seul moyen d’apprécier ce que nous vivons.

Si je tiens compte du fait que ce que j’ai de plus cher au monde, comme ma santé, ma famille, mes talents, mon travail ou ma collection de films, puisse m’être enlevé à tout moment par un malencontreux concours de circonstances, je serai beaucoup plus enclin à les apprécier et à agir en fonction de les chérir plutôt qu’à les prendre pour acquis.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu l’une ou l’autre des adaptations du livre Un chant de Noël de Charles Dickens, racontant l’histoire d’Ebenezer Scrooge, qui est devenu la figure emblématique du radin, visité par trois fantômes venus lors de la nuit de Noël dans l’espoir de le rendre moins avare. La conclusion de cette œuvre est vraiment intéressante.

Le premier des fantômes qui le visite attend qu’il se soit assoupi pour le ramener en songe dans le passé où il se revoit seul et triste dans sa famille d’accueil, pour ensuite assister à la manière dont il a détruit tout l’amour et l’amitié qu’il vivait au profit de l’argent. Malgré ces chagrins qui l’ont profondément marqué, à son réveil, son avarice ne s’est pas du tout estompée.

Puis, le second des fantômes apparaît et l’amène dans les rues et les marchés du temps présent où il voit comment il pourrait se sentir bien s’il partageait son abondance, puis il assiste à la soirée de Noël de son employé lors de laquelle sa famille et lui n’ont pas grand-chose à manger étant donné que Scrooge lui a coupé des heures pour le temps des fêtes. Ces scènes n’ont toutefois aucun impact sur son avarice et Scrooge juge simplement que son employé n’a que ce qu’il mérite.

Ce n’est que lorsque le troisième fantôme l’amène à nouveau en songe dans le futur où il se voit mourir seul, sans personne pour venir le pleurer à ses funérailles et sa tombe se désagrégeant dans le coin d’un cimetière à l’abandon, qu’il réalise à quel point il est en train de détruire sa vie. La peur qu’il ressent en voyant les conséquences de ses gestes et de ses paroles égoïstes le force à apprécier son entourage et sa fortune.

Lorsqu’il se réveille, son état d’esprit est transformé. Il fait un don à une œuvre de charité, don qu’il avait refusé de faire plus tôt dans la journée, puis il fait livrer de la nourriture chez des personnes démunies et donne une augmentation de salaire à son employé.

Tant que Scrooge n’avait pas vu la possibilité qu’il puisse vieillir seul et de manière misérable, il n’arrivait pas à apprécier les personnes qui l’entouraient ni la fortune qu’il possédait à leur juste valeur.

En vérité, qui nous sommes aujourd’hui ou qui nous étions par le passé ne parviendra jamais à transformer notre vie. C’est uniquement en tenant compte de la possibilité que notre futur puisse être raté que nous apprenons à apprécier ce que nous avons.


Dans le meilleur se cache le pire et dans le pire se trouve le meilleur.


Je ne vous apprends rien en vous disant que la vie est un cycle. Comme le pendule d’une horloge qui doit osciller des deux côtés du boîtier pour rester en mouvement, nous passons notre vie à osciller entre des moments heureux et des moments qui le sont moins.

Une chose est sûre : nous ne pourrons jamais éviter de vivre des moments difficiles, car ce sont eux qui nous font apprécier nos moments de bonheur. Je cite ici les paroles de Jacques Brel qui décrit admirablement bien cette réalité de manière poétique : «Et quand vient le soir, pour qu'un ciel flamboie, le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas?».

Nous tenons compte de toutes les possibilités lorsque nous réalisons que pour vivre le meilleur, il faut immanquablement vivre le pire. Les deux réalités sont reliées. D’un autre côté, nous ne sommes pas de simples pendules qui passent autant de temps à gauche qu’à droite dans le boîtier de l’horloge. Plusieurs d’entre nous décident de vivre plus de bonheur que de malheur au cours de leur existence, tandis que d’autres courbent l’échine et se contentent de vivre plus de malheur que de bonheur.

Les pendules ne sont pas responsables de la vitesse et de la fréquence de leurs oscillations. Nous le sommes. Nous sommes responsables du temps que nous passons dans le malheur tout comme nous sommes responsables du temps que nous passons dans le bonheur, que cela nous plaise ou non.

Ainsi, même si nous n’avons pas le choix de vivre des moments de malheur, rien ne nous dit pendant combien de temps nous devons les vivre. Il faut les vivre, mais pas nécessairement les vivre longtemps.

Lorsque l’adversité nous frappe, que nous devenons déprimé et que nous y restons accrochés, c’est uniquement le signe que nous n’avons pas tenu compte d’une possibilité désagréable qui est survenue et qui nous mine le moral.

À partir de là, le temps que nous prendrons à comprendre pourquoi nous vivons une telle épreuve déterminera le temps pendant lequel nous demeurerons déprimé.

Croyez-moi sur parole quand je vous dis que la déprime dont vous n’arrivez pas à vous départir actuellement n’est pas la première déprime que vous vivez et qu’elle est loin d’être votre dernière. Bloquer le cycle naturel de votre existence parce que vous n’avez pas tenu compte du fait que vous auriez une baisse de salaire, que votre chanson ne serait pas prise, que vous feriez un mauvais choix de carrière ou que vous ne seriez pas repêché ne vous avance à rien. Appréciez ce que vous avez, comprenez pourquoi vous vivez cette difficulté et passez à autre chose.

Et voilà. Tu sais maintenant que de un, l’unique raison pourquoi tu deviens déprimé est parce que tu n’as pas tenu compte d’une possibilité désagréable qui t’es arrivé et de deux, le temps que tu demeureras déprimé est le temps que tu prendras pour trouver le côté positif de cette situation dont tu n’avais pas tenu compte.

Si tu as aimé notre manière de voir les choses à Lucie et à moi, tu peux en apprendre beaucoup plus sur les comportements humains en achetant notre livre Je suis personne mais je veux être quelqu'un qui est autant inspirant qu'éducatif!



Notre mission est d’amener la compréhension au plus grand nombre de personnes possibles pour leur permettre de construire leur vie rêvée en toute tranquillité d’esprit, par la compréhension de leurs comportements et la découverte de leur véritable manière de penser.

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À bientôt pour prendre l’habitude de te comprendre davantage!